C'est bien d'être ailleurs aussi
!!!Participatif et multimédia!!!
© Olivier Heinry
A l’instar des Lecteurs (chorégraphies collectives), C’est bien d’être ailleurs aussi fait appel à des gestes, postures et déplacements simples à exécuter. Mais l’immersion dans le dispositif opère un décalage des situations pour les amener dans une dimension spectaculaire, en créant des univers cinématographiques. Les éléments chorégraphiques, scénographiques, sonores, lumineux, graphiques et vidéos ainsi que la présence des danseurs dialoguent entre eux pour interroger la place du corps dans l’espace et la relation qu’il entretient avec son environnement immédiat.
L' "ailleurs" proposé par le titre peut alors être lu de deux manières : il concerne tout d'abord la place du spectateur qui se retrouve acteur sur la plateau du théâtre, ensuite parce que chaque séquence propose un "ailleurs" sensitif au niveau corporel, visuel et sonore.
L'immersion des spectateurs dans une scénographie
Le protocole d'accueil est le même que pour Les lecteurs (chorégraphies collectives) : après avoir déposé leurs affaires au vestiaire les spectateurs sont invités à aller directement sur scène où le carnet leur est distribué individuellement avec quelques mots d'explication. Le son et l'ambiance lumineuse sont accueillants de manière à faire de la scène un espace le plus "confortable" possible. Pendant ce temps, la bande sonore indique un compte à rebours avant la chorégraphie. Ce temps est nécessaire afin de laisser le temps de prendre connaissance du contenu du carnet. 3 minutes avant le début, la bande sonore indique de manière amusée "quelques conseils pour la chorégraphie".
La scénographie est constituée de trois écrans suspendus et d'un sol clair permettant l'immersion du public dans des bains de couleurs de manière à prolonger l'expérience corporelle.
La chorégraphie des interprètes
Au sein de la chorégraphie du public, deux danseurs interviennent de plusieurs manières : ils sont moteurs d'une action quand les carnets invitent les spectateurs à reproduire leurs mouvements. Ou bien encore, ils participent à une forme de narration en devenant par exemple le héros ou l'héroïne d'un film à suspense des années 50.
La musique - le dispositif sonore
La bande sonore contient un travail sur des voix, véritables guides, ainsi que des éléments sonores qui accompagnent la chorégraphie. De la même façon que la scénographie, le dispositif sonore permet une immersion du spectateur dans différentes ambiances. Un système de multidiffusion permet un travail sur l'espace.
Le dispositif vidéo
Une caméra fixée au plafond intervient ponctuellement pour filmer des images d'ensemble projetées simultanément sur les écrans, de manière à montrer la chorégraphie collective en dialogue avec le travail de la lumière projetée sur le sol. Tout en étant graphique, l'image vidéo obtenue induit un trouble de la perception lié au fait de se voir filmé du dessus. A nouveau spectateur, chacun peut vivre à la fois des micro-situations avec son environnement immédiat tout en prenant conscience de faire partie d'une expérience collective.
De plus, le mixage de la vidéo filmée en diret avec des vidéos pré-filmées permet un travail sur la virtualité en induisant une différence entre ce qui est vécu et ce qui est vu sur la vidéo.
Considérée comme un travail sur l'espace, la vidéo induit des changements d'échelle (globalité/détail, collectif/intime, réél/virtuel), qui en multipliant les points de vue, décline plusieurs lectures d'une situation donnée.
© Cathy Royer
